Bérengère Kolly au séminaire “pensée sociale contemporaine”

Le séminaire “Pensée sociale contemporaine” reçoit Bérengère Kolly (LISEC Lorraine) pour une conférence autour de son ouvrage:

“‘Et de nos soeurs séparées’…Lectures de la sororité”

La séance a lieu le Mercredi 16 Avril, à 18h00 au Grand Salon (salle E14), 1er étage

18, rue Chifflet (25000 Besançon)

Vous y êtes les bienvenu-e-s!

Présentation de l’ouvrage:

“Et de nos soeurs séparées…” Lectures de la sororité, Editions Lussaud Imprimerie, 2013.

Pourquoi invoquer le mot de soeurs dans la lutte politique ? Quel serait le ou les sens de ce terme, sororité, choisi parmi d’autres, et invoqué avec tant d’insistance dans le Mouvement de Libération des Femmes au début des années 1970 ?
La sororité, c’est l’amitié, l’amour des femmes pour elles-mêmes, et la solidarité dans la lutte politique. La sororité, c’est cela, et plus que cela ; car la sororité énonce ce que ne peuvent formuler seules ni la solidarité, ni l’amitié : le devenir soeurs du coude à coude dans la lutte spécifique des femmes pour leur libération ; l’invention d’une politique nouvelle, loin des modèles fraternels existants ; la formation d’un nous inédit et oxymorique, supposant à la fois la multiplicité et l’interchangeabilité, une union mouvante et discontinue, une appartenance sans appartenances.
A partir du texte emblématique du Torchon brûle, publié entre 1971 et 1972, ce texte entend ainsi proposer quelques lectures possibles de la sororité comme invention politique : une notion qui entend faire de l’amour des femmes entre elles et pour elles proposition philosophique, et politique.

Présentation de l’auteure:

Bérengère Kolly, docteure en philosophie, explore les questions de philosophie politique et les questions éducatives à partir de et par la question des sexes, croisant philosophie, éducation et histoire. Ses recherches portent, en premier lieu, de cet angle particulier, sur la construction démocratique et ses croisements avec un faire-politique des femmes et des femmes entre elles. Les notions de « fraternité » et « sororité » y font l’objet d’une attention toute spéciale, en particulier dans son travail de thèse. Comme « notions prismes », elles révèlent dans leur affirmation et leur confrontation la construction particulière d’une démocratie masculine adossée à l’exclusion du pluriel des femmes ; les formes inédites des résistances sororales dans leur formulation politique – mouvantes, affirmant à la fois l’union et la désunion, la connivence des femmes entre elles, et leur conflit nécessaire – à cette édification fraternelle. Les travaux de Bérengère Kolly s’engagent, en second lieu, dans l’articulation avec ces questions premières, à la formulation de ce que serait une “éducation féministe”, supposant la création d’un « nous » éducateur à la solidarité et à l’émancipation, contrariant cette construction démocratique particulière, et faisant signe vers l’universel et la question plus globale d’une éducation transformatrice.

Séminaire éthique appliquée: séance du 26 mars 2014

La prochaine séance du séminaire d’Éthique appliquée organisé par Corine Pelluchon aura lieu le mercredi 26 mars à 17h30 à l’UFR SLHS en salle E14 (Grand salon), entrée par le 18 rue Chifflet, 25000 Besançon.

Marie-Frédérique BACQUE (Professeur en psychologie à l’université de Strasbourg)

présentera une conférence sur le sujet suivant :

La mort naturelle victime de l’intolérance à l’incertitude 

Résumé : Avec la rationalisation du monde occidental, le sentiment utilitariste d’exister augmente. La quête de sens conduit à une demande de maîtrise qui se traduit par une plus grande intolérance à l’incertitude et une anticipation anxieuse qui engendrent des symptômes invalidants. Parmi eux l’angoisse, et son pendant, le besoin de contrôler tout ce qui renvoie aux fonctions naturelles en nous. La naissance, les maladies, la mort forment ces phénomènes qui entraînent autant de demandes de domination. L’expérience du deuil nous montre que la tendance générale est de décrier cette période floue, d’autant plus insupportable que sa fin est imprévisible. La psychanalyse, en écho, est elle-même rejetée en raison de cette incertitude qui  signe pourtant l’indépendance de l’analysant. Dans le cas de la fin de la vie, la majorité rejette une mort issue de la cessation progressive des forces de vie. Le suicide assisté et la demande d’euthanasie contribuent à ces illusions. Par un forçage de l’autonomie humaine, les derniers remparts de « l’animalité » au sens de la nature de l’humanité tombent. Nous questionnerons ce verrouillage de l’incertitude qui renvoie à la réification.

Documentation philosophique

La documentation philosophique est développée par le Centre de Documentation et de Bibliographie Philosophiques, fondé en 1959 par Gaston Berger et Gilbert Varet, actuellement intégré au laboratoire Logiques de l’agir. Ce centre a pour objet de contribuer à la recherche dans le secteur de l’information scientifique et technique (traitement des banques de données, constitution de corpus, problèmes de documentation) appliquée à la philosophie.

Le CDBP dispose d’un fonds d’environ 15 000 ouvrages (littérature philosophique de langue française, livres de philosophie en langues étrangères (plusieurs centaines), revues, un fonds étoffé d’instruments bibliographiques en philosophie, dont la gestion est assurée par la Bibliothèque Universitaire Mégevand de l’UFR SLHS.

Le CDBP est habilité comme l’un des deux centres de traitement des ouvrages de philosophie paraissant en France, dans le cadre de l’Institut International de philosophie, composante de l’UMS-CNRS 8547. Il assure le traitement courant d’une partie de la production philosophique française et contribue, à ce titre, à la confection de la Bibliographie de la philosophie publiée par les éditions Vrin.

Activités de recherche :

– Réalisation du programme SIPS (Système d’Information en Philosophie des Sciences). Il associe un séminaire régulier et une base de connaissance, interactive multilingue (français, anglais, italien, allemand, espagnol pour l’essentiel), recensant l’ensemble des références bibliographiques (ouvrages individuels, articles de périodiques, articles d’ouvrages collectifs, recensions, thèses, etc.) dans le champ de la philosophie des sciences pour les XXe et XXIe siècles, sous la forme de notices « complètes », c’est-à-dire incluant descripteurs, résumé et liens.
Ce programme est réalisée à la Maison des sciences de l’homme C.N. Ledoux CNRS-UMS 3124.

– Construction de normes de description d’un document philosophique, tant au plan formel qu’au plan du contenu, pour élaborer un certain nombre de “règles floues” pour les abstracts et pour l’indexation en philosophie. Nous estimons que ce point est notablement sous-estimé dans la constitution de banques ou de bases de données en sciences humaines (nous ne méprisons nullement la “navigation” dans le “texte intégral”, mais nous n’estimons pas qu’il faille cesser de raffiner les techniques de représentation des “documents primaires”.

Axel Gosseries au Séminaire “Ethique appliquée”

Le mercredi 19 mars à 18h00 à l’UFR SLHS en salle E14 (Grand salon), dans le cadre du séminaire en Ethique appliquée du laboratoire Logiques de l’agir, le professeur:

Axel GOSSERIES (Philosophie, Université de Louvain/ Chaire Hoover d’éthique économique et sociale) présentera une:

Conférence sur la Justice intergénérationnelle

generations

Axel Gosseries est philosophe, spécialiste de philosophie politique, de questions éthiques et de philosophie des politiques publiques. Il a publié en nom propre ou à titre de coordinateur de nombreux ouvrages. On citera notamment: Arguing about justice. Essays for Philip Van Parijs (dirigé avec Y. Vanderborght, Presses de l’Université de Louvain, 2011), Intergenerational Justice (dirigé avec L. Meyer, Oxford University Press, 2009), et en français, Penser la justice entre les générations. De l’affaire Perruche à la réforme des retraites (Aubier, 2004). Pour accéder à la page d’Axel Gosseries cliquer ici.

Magali Bessone au séminaire “Pensée sociale contemporaine”

 

Le séminaire “Pensée sociale contemporaine” a le plaisir d’accueillir mercredi 12 mars:

Magali Bessone (MCF en philosophie, Université de Rennes I)

Pour une conférence intitulée:

“Le concept de race: un concept de sciences sociales”

races

La séance aura lieu le mercredi 12 mars au Grand Salon (Salle E14), à 18h00

18, rue Chifflet à l’Université de Besançon (UFR SLHS)

Contact: vincent[point]bourdeau[at]univ-fcomte[point]fr

Présentation de la séance:

La présentation s’attachera à défendre l’idée que la race est un concept épistémologiquement valide — ce qui ne signifie pas que le contenu et les usages du concept soient bons, justes ou vertueux du point de vue de leur évaluation normative. Etudier le statut et le(s) référent(s) du concept de race implique en outre de tracer une distinction forte entre ce qu’est un concept en sciences naturelles — ce qui a historiquement été le domaine de construction de la race moderne — et un concept en sciences sociales — ce qui est en réalité le domaine dans lequel le concept de race prend sa validité. Le concept de race prend sens contre une épistémologie obsolète qui affirmait à tort l’existence de races « naturelles », contre une idéologie positiviste selon laquelle seule la science naturelle pourrait aujourd’hui in fine valider ou invalider le concept, et dans la perspective d’un constructivisme critique qui ne perd jamais de vue son objectif normatif : la disparition des races comme constructions sociales d’oppression. Penser le concept de race est indispensable pour déconstruire les races et lutter contre le racisme.