Sarah Carvallo

Professeure des universités – Philosophie des sciences

Fonctions et responsabilités : 

– Membre titulaire de l’EA 2274 Logiques de l’Agir

– Responsable de la Licence de Philosophie

– Chercheuse associée à l’IHRIM – UMR 5317 – ENS Lyon

Contacts :

sarah.carvallo[AT]univ-fcomte.fr

ou

sarah.carvallo[AT]ens-lyon.fr

Axes de recherche

J’étudie les enjeux philosophiques des sciences dans une perspective d’épistémologie historique. Plus précisément, je cherche à pratiquer un dialogue entre science et philosophie sur la longue durée, selon deux grandes orientations :

– Médecine et philosophie modernes

– Science et philosophie contemporaines

1.  Philosophie de la médecine, enjeux épistémologiques et éthiques

Cet axe de recherche étudie la construction de la représentation médicale moderne du corps, et les interrogations philosophiques qu’elle implique. Il s’agit de comprendre comment s’établissent les connaissances et découvertes médicales, et comment, de façon concomitante, se transforment les représentations du corps et de la vie. Ces deux aspects corrélés induisent une réflexion sur le dialogue entre philosophie et médecine dans la période moderne et contemporaine en le déclinant à quatre niveaux métaphysique, physiologique, anatomique et institutionnel. Ces implications permettent de montrer comment l’épistémologie de la médecine détermine aussi ses enjeux éthiques. Un accent particulier est porté sur les enjeux et transformations de l’animisme et du vitalisme, leurs critiques du mécanisme en médecine. Les auteurs principalement étudiés sont, pour la période moderne, William Harvey, Thomas Sydenham, William Petty, Jean Riolan, Claude Perrault, Georg Ernst Stahl, Friedrich Hoffmann, avec des prolongements dans l’Ecole de Montpellier.

2. Le corps humain comme catégorie anthropologique

Cet axe de recherche se focalise plus précisément sur le projet anthropologique moderne, qui émerge chez les médecins français autour de Jean Riolan fils et se développe dans le cadre d’un dialogue entre esthétique et anatomie. Ce nouveau projet anthropologique suscite un profond réaménagement des savoirs sur l’homme hérités de l’Antiquité, qui passe par un travail sur les topoi de la perfection, de la beauté et de la santé, en transformant les relations entre philosophie, esthétique, médecine et théologie. Il va de pair avec la constitution d’une nouvelle rationalité médicale pour réformer le projet originaire de la connaissance de soi sous la figure de l’anthropologie médicale. Deux approches en découlent, la première synchronique, se cristallise dans les controverses entre médecins, la seconde, diachronique, ressaisit les transformations du projet anthropologique au cours du dix-septième et dix-huitième siècles. Dans le premier cas, les débats modernes sur l’anthropologie manifestent une irréductible pluralité des conceptions épistémologiques à l’œuvre dans les sciences, pluralité précisément due à la complexité des thèses métaphysiques, ontologiques et anthropologiques mises en jeu dans l’explication du corps vivant. Ma recherche propose une lecture pluraliste de ces controverses pour comprendre comment s’effectue progressivement un choix de scientificité, qui s’éprouve dans la rencontre entre des options métaphysiques, ontologiques et anthropologiques différentes. Dans le second cas, je cherche à comprendre l’évolution du projet anthropologique aussi bien à travers l’étude des planches anatomiques que de la rhétorique scientifique mise en œuvre à travers les concepts de fabrique, machine ou économie animale pour décrire le corps vivant.

3. Éthique des sciences

Mon approche en éthique s’inscrit dans le prolongement des recherches épistémologiques pour ressaisir les valeurs contextuelles et épistémiques mises en œuvre par les sciences et les techniques telles qu’elles se font. Cette démarche s’applique à plusieurs champs :

– la médecine contemporaine (notamment sur le vieillissement, la fin de vie, la génomique). Je participe au groupe de réflexion éthique du Centre Léon Bérard (Lyon) ;

– la recherche contemporaine : je suis responsable scientifique du MOOC Éthique de la recherche sur FUN et je coordonne un numéro spécial de la Revue d’Anthropologie des connaissances sur ces questions.

– Éthique et sciences cognitives (Projet ANR CogHuLice avec l’Institut des Sciences Cognitives – Lyon, 2017-2020) : M. Nussbaum (2010) défend l’importance des arts et des humanités pour former des citoyens. Or beaucoup d’évaluations actuelles des systèmes éducatifs privilégient l’employabilité, voire le retour sur investissement, plus que la capacité empathique des élèves formés. Elles renforcent la tendance à former des travailleurs compétents plus que des citoyens qui peuvent penser par eux-mêmes, critiquer la tradition et éprouver de l’empathie envers autrui. La littérature constitue un laboratoire d’expérimentation éthique. Une étude importante de Kidd et Castano (2013) a prouvé que la lecture de fiction littéraire – par différence avec la fiction populaire – renforce la capacité du lecteur à comprendre ce que les autres pensent et ressentent. Ce projet cherche à donner une pertinence neuroscientifique à ces arguments philosophiques en montrant comment la lecture d’œuvre littéraires améliore notre capacité à comprendre la signification des sentiments d’autrui. Le but de cette étude consiste à comprendre comment la narration produit des simulations mentales qui améliorent les fonctions cognitives et comment elle peut être utilisée à des fins éducatives.

Formation

Formation en philosophie, médecine et éthique médicale.

Liste des publications

Enseignements