Séminaire “Pratiques contemporaines” : séance n° 7, mercredi 21 mars 2018

La prochaine séance du séminaire “Pratiques contemporaines” du laboratoire Logiques de l’agir aura lieu le mercredi 21 mars à 18h00 à l’UFR SLHS de l’Université de Franche-Comté en salle E14 (Grand Salon), entrée par le 18 rue Chifflet, 25000 Besançon.

Baptiste MORIZOT (CGGG, Aix-Marseille) présentera une conférence sur le sujet suivant :

Diplomatie avec le vivant: l’hypothèse d’un middle ground

à propos de son ouvrage : Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une nouvelle carte du vivant (Paris, Wildproject, 2016)

Résumé

La philosophie environnementale, comme branche tardive de la philosophie, entretient depuis son origine une certaine affinité avec des engagements pratiques de l’ordre des “expériences de la nature”. Chez ses fondateurs anglo-saxons et européens, de Paul Shepard à J. Baird Callicott, Holmes Rolston III ou Arne Naess, la question du terrain et des pratiques est privilégiée, bien qu’elle ne soit pas thématisée. Il n’y est pourtant pas question d’aligner la philosophie sur le rapport au terrain des sciences sociales : il ne s’agit pas d’une philosophie qui circonscrit “un terrain” pour une enquête empirique suivant des protocoles précis de récolte et traitement de la donnée, mais d’une philosophie, qui, en un sens bien moins méthodique et plus sauvage, fait “du terrain”, va “sur le terrain”. Il ne s’agira pas ici d’expliciter les fonctions théoriques, la légitimité épistémologique ou le sérieux méthodologique de ces rapports au terrain, mais d’explorer, dans le cas d’un travail de recherche spécifique impliquant la pratique du pistage, les effets de cette pratique sur la production de concepts philosophiques. L’hypothèse de travail est simple: certaines pratiques engagent dans une réforme de notre sensibilité au vivant; et c’est cette métamorphose de la sensibilité qui peut déplacer la formulation des problèmes philosophiques. On essaiera de montrer ici comment la pratique d’un pistage philosophiquement enrichi est en partie à l’origine de la reformulation conceptuelle du problème de la coexistence avec les vivants (traditionnellement pensée en termes de gestion, contrôle, ou sanctuarisation et protection) en termes de diplomatie, notamment dans le cas du retour des grands prédateurs que sont les loups dans les campagnes françaises.

L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles, vous êtes les bienvenus.