Séminaire “PhiCogMaths” : séance n° 8, mercredi 23 janvier 2019

La prochaine séance du séminaire Philosophie-Sciences cognitives-Mathématiques aura lieu le mercredi 23 janvier 2019 à 18h à l’UFR SLHS, Grand Salon (E14), entrée par le 18 rue Chifflet (1er étage), 25000 Besançon.

Michel Crubellier (UMR 8163 STL, Université de Lille) nous présentera une conférence sur le sujet suivant :

Figurer le syllogisme : les diagrammes des Analytiques d’Aristote

Résumé

Dans les textes qui constituent l’Organon d’Aristote, on peut discerner plusieurs registres de vocabulaire différents, qui correspondent à ce qu’on peut considérer comme des jeux de langage distincts (quoiqu’ils se rattachent tous au projet d’ensemble de ce corpus). Le caractère le plus remarquable du jeu de langage qu’on appellera ici ‘analytique’ est qu’il prend appui sur des figures construites selon des règles conventionnelles, et sur lesquelles on peut procéder à des opérations définies. Cette méthode permet de construire un modèle minimal, la cellule ‘syllogistique’ élémentaire, à partir de laquelle Aristote pense pouvoir représenter la plupart des situations déductives possibles et – au-delà – la plupart des processus d’inférence légitimes dont se servent effectivement les êtres humains.

On examinera ici la constitution de la cellule élémentaire (Premiers Anal. I, 1-26) et certains de ses développements possibles (Seconds Anal. I, 19-23 et Premiers Anal. II, 5-15). On réfléchira aux relations entre ce jeu de langage et les autres jeux (dialectique, définitionnel-taxinomique et hypothético-déductif) que l’on peut reconnaître dans l’Organon. On s’interrogera enfin sur la signification épistémologique et philosophique de cette méthode, en particulier sur le fonctionnement de la figuration et sur la relation entre pensée visuelle et pensée discursive (une question qui a été abordée par Aristote).

Cette conférence est organisée dans le cadre du séminaire Philosophie-Sciences cognitives-Mathématiques, axe Fondements politiques et culturels de l’éducation de la Fédération de recherche ÉDUC. L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles, vous êtes les bienvenu·e·s.