VHP1E13 (2019-2020) : Philosophie de l’art, L1, S1 (M. Crevoisier)

Esthétique du sublime : l’image cinématographique et les limites de la représentation

Michaël Crevoisier

Résumé

En fidélité à son origine grecque, l’élaboration philosophique du sublime vise principalement à penser les limites de notre représentation. Qu’est-ce qui peut à la fois affecter notre esprit et défier notre capacité de conceptualisation ? En parcourant, entres autres, les réponses de Kant, Hegel, Schopenhauer et Nietzsche, nous chercherons à souligner les enjeux métaphysiques des problèmes que le concept de sublime pose à philosophie. De cette manière nous pourrons interroger l’importance de l’esthétique dans l’exercice philosophique de la pensée. L’objectif sera de comprendre dans quelle mesure l’apparition de nouvelles techniques artistiques est susceptible d’ouvrir le philosophe à des expériences esthétiques inédites, de telle sorte que l’idée de sublime s’en trouve déplacé et, avec lui, la frontière de nos représentations. Plus particulièrement, nous nous intéresserons aux nouvelles images que le cinéma a produites et à leurs conséquences pour la philosophie. Le TD sera l’occasion d’une pratique philosophique du sublime cinématographique, de telle sorte que les thèses abordées en cours soient mises à l’épreuve.

Indications bibliographiques

Bibliographie principale

– Burke, Recherche philosophique sur l’origine de nos idées du sublime et du beau, trad. de l’anglais par B.Saint Girons, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des Textes Philosophiques », 2009.

– Deleuze, Cinéma I et II, Minuit, coll. « Critique », 1983-1985.

– W. F. Hegel, Cours d’esthétique I et III [en particulier, les chapitres consacrés au beau et à l’art symbolique], trad. de l’allemand par J.-P. Lefebvre et V. von Schenck, Aubier, 1995-1997.

– Kant, Critique de la faculté de juger, trad. de l’allemand par A. Renaut, GF, 2015.

– Longin, Du sublime, trad. du grec par J. Pigeaud, Rivages, coll. « Petite bibliothèque », 1993.

– Nietzsche, La naissance de la tragédie, trad. de l’allemand par C. Denat, GF, 2015.

– von Schiller, Du Sublime, trad. de l’allemand par A. Régnier, Sulliver, 2005.

– Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation [Livre troisième], PUF, coll. « Quadrige », 2014 (3e éd.).

Bibliographie secondaire

– Bazin, Qu’est-ce que le cinéma ?, Cerf, 1976.

– J.-Y. Chateau, Pourquoi un septième Art ? Cinéma et philosophie, PUF, coll. « Intervention philosophique », 2008.

– Flécheux, P.-H. Frangne, D. Laroque (dir.), Le sublime. Poétique, Esthétique, Philosophie, Presses Universitaire de Rennes, coll. « Aesthetica », 2018.

– J.-F. Lyotard, « Le sublime et l’avant-garde », dans L’inhumain, Galilée, coll. « débats », 1988.

– Saint Girons, Le Sublime. De l’Antiquité à nos jours, Desjonquères, coll. « Littérature & idée », 2005.

– Zourabichvili, La littéralité et autres essais sur l’art,PUF, coll. « Lignes d’art », 2011.

Filmographie

  1. Cuarón (2013), Gravity.
  2. C.T. Dreyer (1928), La passion de Jeanne d’Arc
  3. Gance (1927), Napoléon.
  4. Herzog (1982), Fitzcarraldo.
  5. Herzog (2005), Grizzly Man.
  6. Kubrick, (1968), 2001 : l’odyssée de l’espace.
  7. Lee (2012), L’Odyssée de Pi.
  8. Lynch (2017), Twin Peaks [saison 3].
  9. L. Mankiewicz (1963), Cléopâtre.
  10. A. Mann (1963), La chute de l’empire romain.
  11. W. Murnau (1922), Nosferatu.
  12. Scott (2000), Gladiator.
  13. von Trier (2011), Melancholia.
  14. Vertov (1929), L’homme à la caméra.