VHP5U3 (2022-2023) Philosophie antique et médiévale 1, L3, S5 (A. Macé, É. Ménard)

Cicéron. La connaissance et l’ordre du monde.

Les Académiques, La Nature des dieux, De la Divination, Du Destin.

Arnaud Macé
TD : Étienne Ménard

Dans les Académiques, Cicéron s’empare de l’histoire de l’école philosophique fondée par Platon au début du IVe siècle avant J.-C. Au IIIe siècle, Arcésilas, devenu chef de l’école, revient à ce qu’il perçoit comme son esprit original : l’aveu d’ignorance de Socrate et la réfutation de toutes les opinions trop certaines d’elles-mêmes. Dans les deux siècles qui suivent, les philosophes de l’Académie exercent tout particulièrement cet esprit contre les doctrines stoïciennes, en attaquant les critères et les procédures par lesquelles les Stoïciens justifient d’accéder au vrai. Les deux écoles s’influencent à travers ce dialogue, à tel point que les chefs de l’Académie contemporains de Cicéron, au 1er siècle avant J.-C., Philon de Larisse et Antiochus d’Ascalon, sont tentés par un nouveau syncrétisme unissant certaines doctrines stoïciennes et platoniciennes. Cicéron, témoin de ces débats, les met en scène dans cet ouvrage et défend l’idée que la philosophie peut trouver dans le « probable » un critère suffisant pour accorder les doctrines entre elles.

Les doctrines des stoïciens relatives à l’ordre du monde faisaient tout particulièrement l’objet des critiques académiciennes. C’est à ce sujet que Cicéron consacre par conséquent une trilogie. Le traité sur La Nature des dieux met en scène l’exposé et la critique des doctrines épicurienne et stoïcienne sur l’existence et la nature des dieux, sous l’impulsion d’un philosophe académicien. La critique se poursuit dans le traité De la Divination : les pratiques qui sondent les intentions des dieux pouvaient trouver un appui dans l’idée stoïcienne selon laquelle le monde est gouverné par une volonté ordonnatrice ; elles se fondaient aussi sur l’idée qu’un tel ordre fixait pour chacun un destin. Cicéron met à l’épreuve cette dernière conception dans le traité Du Destin, dans lequel il réaffirme la prépondérance de la liberté humaine contre l’acceptation des décrets du destin.

Bibliographie

Œuvres de Cicéron :

Les Académiques, traduction et notes par J. Kany-Turpin (introduction P. Pellegrin), Paris, Flammarion, 2010.

Le Destin, traduction par A. Yon, Paris, Les Belles Lettres, 1991, réimprimé dans l’édition Gallimard 1994 (avec la préface de B. Besnier).

De la Divination, traduction J. Kany-Turpin, Paris, Flammarion, 2004 ; on consultera aussi pour son commentaire l’édition de G. Freyburger et J. Scheid, Paris, Les Belles Lettres (La Roue à Livres), 1992.

La Nature des dieux, traduction et commentaire par Clara Auvray-Assayas, Paris, Les Belles Lettres (La Roue à Livres), 2002.

Pour accompagner la lecture de Cicéron :

Auvray-Assayas, Clara, Cicéron, Paris, les Belles lettres, 2006.

B. Besnier, « La Nouvelle Académie, selon le point de vue de Philon de Larisse », in Scepticisme et exégèse: hommage à Camille Pernot, Fontenay-aux-Roses, France, ENS de Fontenay-Saint-Cloud, 1993, p. 85‑163.

Grimal, Pierre, Cicéron, Paris, Tallandier, 2012.

Lévy, Carlos, Cicero Academicus : recherches sur les Académiques et sur la philosophie cicéronienne. Paris, de Boccard, 1992.

Sedley, D. N., et Long, A. A., Les philosophes hellénistiques, trad. par J. Brunschwig et P. Pellegrin, Paris, Flammarion, 2001