VHP7U1 (2018-2019) : Philosophie des pratiques, M1, S7 (L. Perreau)

Le temps

cours mutualisé avec VHAEP2

(Agrégation composition de philosophie)

Laurent Perreau

 Le cours consiste en deux cours :

  • Cours n° 1 : Mercredi 13h-15h. Les conceptions classiques du temps

Résumé

Ce cours, mutualisé avec le cours VHAEP2 de Préparation au concours de l’Agrégation de Philosophie, s’interrogera sur la nature du temps en examinant les textes classiques de l’histoire de la philosophie et les principales problématiques qu’ils affrontent. L’objectif principal du cours est la connaissance d’un petit nombre de références et leur maîtrise en vue d’une réflexion problématisée et argumentée de type dissertation.

Le cours sera donc structuré selon une double approche, à la fois historique et problématique. Il sera constitué de trois séquences : I. Temps et éternité ; II. La mesure du temps ; III. Le temps vécu.

La validation du cours s’opère sous la forme d’un contrôle continu intégral et par l’intermédiaire 1. d’exposés portant sur des points doctrinaux ou des éléments de problématisation, 2. d’une dissertation.

Indications bibliographiques cours n° 1

Textes fondamentaux

– Platon, Timée 37d et 47a, Gorgias, 448c, Le Politique, 269c, Lois, 701c et 713b, tr. fr. L. Brisson, Paris, Flammarion, 2011.

– Aristote, Physique IV, chap. X à XIV et Métaphysique, A, 6 et Z, 7, 8, 9, Paris, Vrin.

– Saint Augustin, Les Confessions, Livre X à partir du chap. VIII et Livre XI, Paris, GF, 1993.

– Newton, Principes mathématiques de la philosophie naturelle [éd. disponible en ligne sur le site de l’UQAC].

– Kant E., La critique de la raison pure, Esthétique transcendantale, Analytique transcendantale, Les analogies de l’expérience et Dialectique transcendantale, Troisième antinomie, tr. A. Renaut, Paris, GF, 2008.

– Bergson H., La pensée et le mouvant [1938], chap. I, II, III, V et VI, Paris, PUF, 2013.

– Husserl E., Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps, Paris, PUF, ; Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologiques pures, Paris, Gallimard, §§ 81 et 82, Paris, Gallimard, 1985.

– Heidegger M., Être et Temps, tr. fr. par E. Martineau, Éditions Authentica, 1985 ; « Le temps et l’être », Questions IV, Gallimard, 1976.

D’une manière générale, on recommandera le recueil d’A. Gonord, Le temps, Paris, GF Flammarion, coll. « Corpus », 2001.

Textes complémentaires

On trouvera une bibliographie complète et commentée dans le recueil d’A. Gonord, Le temps.

Commentaires

– Bohm S., La temporalité dans l’anthropologie augustinienne, Le Cerf, « Thèses », 1984.

– Brague R., Du temps chez Platon et Aristote. Quatre études, Paris, PUF, 1982.

– Dastur F., Heidegger et la question du temps, Paris, PUF, 1990.

– Dubois J.-M., Le temps et l’instant selon Aristote, Desclée de Brouwer, 1967.

– Granel G., Le sens du temps et de la perception chez E. Husserl, Paris, Gallimard, 1969.

– Merleau-Ponty J., Cosmologies du 20è siècle, Paris, Gallimard.

– Moreau J., L’espace et le temps chez Aristote, Paris, Desclée, 1967.

– Moreau P.-F., Spinoza. L’expérience et l’éternité, Paris, PUF, 1994.

– Prigogine I. & Stengers I., Entre le temps et l’éternité, Paris, Champs Flammarion.

Ouvrages généraux

– Klein E., Le temps, Paris, GF, Domino n° 52.

– Chenet F., Le Temps, temps cosmique, temps vécu, Paris, Armand Colin, 2000.

– Hawking S., Brève histoire du temps, Paris, Champs Flammarion

– Couloubatritsis L. et Wunenburger J.-J., Les figures du temps, Presses Universitaires de Strasbourg, 1997.

– Grimaldi N., Ontologie du temps, Paris, PUF, 1993.

– Ricoeur P. et Tiffeneau D. (dir.), Mythes et représentations du temps, Éditions du CNRS, 1985.

  • Cours n° 2 : Jeudi 10h-12h. Le temps social

Résumé

Dans l’histoire de la philosophie, la réflexion sur la nature du temps a souvent été conduite en privilégiant deux approches majeures. Une première approche considère la réalité physique, matérielle ou cosmologique du temps : de Platon à Einstein en passant par Galilée et Newton, le temps appartient à l’ordre naturel des choses, il est objectif, mesuré et devient lui-même mesure de toute chose. Une autre approche consiste à faire droit au point de vue de la conscience individuelle : de Saint Augustin à Bergson en passant par Kant, Husserl ou encore Heidegger, c’est alors l’expérience subjective du temps qu’il s’agit de penser.

Or ces approches présentent l’inconvénient de négliger la dimension proprement sociale du rapport au temps, quand celle-ci n’est pas tout simplement niée. S’efforcer de penser la dimension sociale du temps, c’est donc envisager une troisième approche, où le temps n’est pas une donnée naturelle, ni un pur vécu, mais le produit complexe d’un ensemble de relations, d’interactions et d’institutions. Une première ligne d’investigation, d’ordre ontologique, s’attache ainsi à montrer que le temps est un produit de la vie sociale : il est constitué par ce que les agents font, par les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. Mais il faut aussi, en retour, envisager une autre ligne d’investigation, où il s’agit de montrer comment les contextes sociaux, les relations sociales sont eux-mêmes produits, transformés, par le temps. En ce sens, le temps social ne se confond pas avec l’histoire, il est irréductible aux rythmes sociaux : il s’agit de comprendre comment des conceptions du temps, des pratiques, des constructions ou des dispositifs temporels déterminent la vie sociale et comment celle-ci, en retour, peut user du temps.

Sous cette perspective, ce cours cherchera à faire droit à la diversité des approches philosophiques et sociologiques du temps social. Il s’agira, en particulier, d’interroger les limites de la philosophie traditionnelle et de montrer quels peuvent être les apports et les bénéfices des analyses et de la réflexion sociologiques.

Ce cours est en lien avec deux manifestations qui seront organisées dans le courant du semestre :

– la journée « Le temps des pratiques : Pierre Bourdieu », le jeudi 27 septembre 2018, UFR SLHS, site Mégevand, Grand Salon.

– le colloque « Approches sociologiques et philosophiques du temps social », les jeudi 15 et vendredi 16 novembre 2018, UFR SLHS, site Mégevand, Grand Salon.

La validation du cours s’opère sous la forme d’un contrôle continu intégral et par la remise d’un mini-mémoire. Le sujet de ce dernier sera déterminé en accord avec l’enseignant.

Indications bibliographiques cours n° 2

– Abbott A., Time Matters: On Theory and Method, Chicago, University of Chicago Press, 2001.

– Adam B., Time and Social Theory, Polity Press, 1990.

– Adam B., Timewatch : The Social Analysis of Time, Cambridge, Polity Press, 1995.

– Aubert N., Le culte de l’urgence : La société malade du temps, Paris, Champs Essais, 2018.

– Elias N., Du temps, Paris, Fayard/pluriel, 1996.

– Gell A., The anthropology of time. Cultural Constructions of Temporal Maps and Images, Berg Publishers, 1996.

– Harmut R., Accélération. Une critique sociale du temps, Paris, La découverte, 2013.

– Harmut R., Aliénation et accélération, Paris, La découverte, 2014.

– Hirsch T., Le temps des sociétés, Paris, EHESS éditions, 2016.

– Osborne P., The Politics of Time, New York, Verso, 1996.

– Sue R., « Du temps social aux temps sociaux », Rhuthmos, 14 janvier 2014 [en ligne : http://rhuthmos.eu/spip.php?article1074].

– Tabboni S., Les temps sociaux, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus / sociologie », 2006.