Séance doctorale n°2 : Chloé Santoro et Marie-Charline Pacquot

Le laboratoire Logiques de l’Agir a le plaisir de vous convier à la seconde séance doctorale du séminaire cette année, le mercredi 13 mars 2019 à 18h00 à l’UFR SLHS de l’Université de Franche-Comté en salle E14 (Grand Salon), entrée par le 18 rue Chifflet, 25000 Besançon.

Nous écouterons Chloé Santoro et Marie-Charline Pacquot.

Chloé Santoro. L’esclavage public à Athènes. Proto-fonctionnariat ou dispositif symbolique ?

RÉSUMÉ : La cité athénienne n’a-t-elle pu inventer la démocratie que parce qu’elle était esclavagiste ? Selon la fameuse distinction de Moses Finley, la Grèce classique aurait été la première « société esclavagiste » en ce que son développement dépendait structurellement de l’esclavage, à la différence de toutes les autres « sociétés à esclaves », où cette pratique restait contingente, sans liaison intrinsèque avec la forme de leurs institutions. L’historiographie contemporaine a néanmoins interrogé cette distinction en mettant en lumière un esclavagisme aussi massif que structurel dans de nombreuses sociétés non-occidentales. Existe-t-il malgré tout une forme spécifiquement démocratique de l’esclavage ? Il y a bien une candidate : c’est l’étonnante institution de l’esclavage public en Grèce ancienne. Nous suivrons la riche étude qu’en a faite l’historien Paulin Ismard dans sa Démocratie contre les experts (Seuil, 2015) afin de déterminer en quoi ces dêmosioi, bizarres ancêtres de nos fonctionnaires, bousculent notre conception de la démocratie athénienne, et, par ricochet, nous amènent à réinterroger nos propres systèmes politiques.

Marie-Charline Pacquot. L’enjeu philosophique de l’écriture de la Révolution française. Edgar Quinet, guide du XIXe siècle. 

RÉSUMÉ : La philosophie du XIXe siècle en France s’est construite autour du sens qu’il convient de donner à la Révolution française. Celle-ci fait lobjet d’une élaboration spéculative éminemment ambivalente, pour autant qu’on y voyait à la fois le triomphe des principes du droit naturel, fondateurs d’une société où le peuple pouvait s’emparer de son destin, et le moment convulsif d’une société menacée de dissolution, le début d’une ère dans laquelle l’individu triomphant, égoïstement replié sur des intérêts privés, avait tout détruit. C’est à l’histoire qu’il appartient de trouver un sens à l’événement, et donc de statuer sur le présent et l’avenir de la civilisation : de ce brouillage inédit du régime discursif, et de ce dialogue permanent entre l’histoire – y compris celle en train de se faire – et la philosophie, provient toute l’originalité philosophique du XIXe siècle. Un auteur traverse ce siècle, de la révolution historiographique aux premiers pas de la laïcité sous la IIIe République et peut servir de guide pour l’éclairer : Edgar Quinet.