VHP9U1 (2019-2020) : Sciences techniques sociétés, M2, S9 (S. Carvallo)

Sciences, techniques, sociétés

Sarah Carvallo

Ce cours se décline en deux axes :

  • une analyse des sciences et des techniques contemporaines pour comprendre sur leur logique, leur histoire et ce qu’elles nous révèlent de nous-mêmes et de notre monde, ou à l’inverse ce qu’elles nous dérobent, la vision du monde qu’elles véhiculent et renforcent, mais aussi ce que les controverses scientifiques et sociotechniques nous apprennent des problèmes philosophiques et anthropologiques qu’elles cristallisent. En effet, les sciences et les techniques ne se réduisent ni à de pures connaissances ni à une simple utilité pratique ; elles possèdent aussi un pouvoir d’interrogation sur notre manière d’habiter le monde, de nous représenter nous-mêmes et d’agir. Elles font évoluer les frontières entre l’humain et le non-humain, l’artificiel et le naturel, le vivant et l’inerte. Elles pratiquent une philosophie implicite et participent à une exploration – voire une constitution – des ontologies et de axiologies ; qui organisent notre monde et nos sociétés.
  • Un séminaire de recherche sur la fin de vie comme phénomène anthropologique et social déterminés par des conditions technoscientifiques. Plus précisément il s’agit de comprendre en quoi la fin de vie sert de révélateur pour comprendre la légitimité et l’irréductibilité du pluralisme à ses différents niveaux (anthropologique, épistémique, biologique, thérapeutique, politique, éthique). La diversité des choix faits par des États démocratiques, les débats, le tourisme médical et les affaires comme celles de K. Quinlan, N. Cruzan ou T. Schiavo aux États Unis, celle de Vincent Lambert en France sur fond de déclarations internationales (Cour européenne des droits de l’homme CEDH, Convention relative aux droits des personnes handicapées, Comité des droits des personnes handicapées, ONU…) manifestent la pluralité des conceptions impliquées pour comprendre la fin d’une vie humaine : comment leur donner sens et prendre soin des personnes en fin de vie en respectant leur diversité sur fond de significations partagées ? En analysant les logiques plurielles anthropologique, biologique, thérapeutique, politique, éthique autour des fins de vie, ce séminaire de recherche considère la fin de vie comme un concept épais (Ryle, Geertz) qui embarque une multitude de représentations, d’arrière plans, de gestes, de manières de voir et regarder le corps, la mort et la personne, qui met à l’épreuve l’articulation entre science, médecine et démocratie.